Dans une piscine traditionnelle, la margelle marque clairement la fin du bassin. Elle coiffe le haut du mur et crée une transition visible entre l’eau et la terrasse.
Dans une piscine à débordement, et plus encore dans une piscine miroir, cette limite devient plus discrète. Le bord ne disparaît pas forcément, mais il s’intègre dans la continuité de la ligne d’eau.
Ce choix ne relève pas seulement de l’esthétique. Il influence la perception du bassin, la finesse du débordement et l’équilibre entre la piscine et son environnement.
La margelle dans une piscine classique : une limite assumée
Dans un bassin traditionnel, la margelle vient coiffer le haut du mur du bassin et accompagner la circulation autour de la piscine. Elle dessine un contour clairement identifiable entre l’eau et les plages, participant à l’équilibre visuel du bassin.
Sa présence crée une rupture visuelle entre l’eau et la terrasse, souvent accentuée par un changement de matériau ou de teinte.
Cette logique fonctionne parfaitement pour des piscines à skimmers ou pour des bassins familiaux où la lisibilité des limites reste importante. La margelle agit alors comme une finition visible, presque structurante dans la perception du bassin.
Mais dès que l’on s’oriente vers une piscine miroir ou un débordement, cette approche évolue. La margelle cesse d’être un simple élément de finition : elle doit s’effacer au profit de la ligne d’eau.
Margelle intégrée au débordement : des situations différentes
Dans une piscine à débordement, le bord ne cherche plus toujours à marquer le contour du bassin.
La margelle peut être abaissée, alignée avec le niveau d’eau ou intégrée dans la continuité de la terrasse. Elle ne disparaît pas forcément, mais devient plus discrète.
Toutes les piscines à débordement ne traitent pas la margelle de la même manière. Son dessin dépend du type de débordement et de l’intention du projet.
Margelle discrète sur débordement cascade
Dans un débordement cascade, la margelle ne se prolonge pas sur tout le pourtour du bassin. Sur un ou plusieurs côtés, elle est remplacée par la ligne de débordement elle-même. Le haut du mur disparaît visuellement derrière la lame d’eau, qui devient la véritable limite du bassin.
Ce principe modifie la perception du bord : la piscine n’est plus définie par une margelle continue, mais par une alternance entre parties maçonnées et lignes d’eau ouvertes vers le paysage.
Margelle et débordement miroir
Dans un débordement miroir, la margelle ne constitue plus la limite visible du bassin.
Le niveau d’eau affleure le haut du mur sur tout le pourtour, et la ligne d’eau remplace la lecture traditionnelle du bord.
La margelle peut toujours exister structurellement, mais elle disparaît visuellement derrière la lame d’eau. Le bassin n’est plus défini par une arête maçonnée, mais par une surface d’eau continue.
Ce principe demande une précision extrême dans les niveaux finis : la justesse du débordement dépend directement de l’alignement entre le haut du mur, la margelle intégrée et la hauteur d’eau.
Débordement mixte
Dans un débordement mixte, on retrouve simplement les deux principes précédents au sein d’un même bassin.
Certaines arêtes fonctionnent en débordement cascade, tandis que d’autres adoptent un débordement miroir.
La margelle n’est donc ni totalement continue ni totalement effacée : elle s’adapte au dessin du projet et aux contraintes du site.

Le bord comme décision de conception
Dans une piscine à débordement, la margelle ne disparaît jamais par hasard. Elle évolue pour accompagner une intention plus large : laisser la ligne d’eau s’inscrire naturellement dans son environnement.
Le bord n’est plus une simple finition. Il devient un élément de composition, capable de souligner ou d’effacer la présence du bassin selon le projet.
Plutôt que de choisir une margelle comme un détail isolé, il est souvent plus juste de penser l’ensemble : niveau d’eau, relation avec la terrasse, continuité des matériaux. C’est cette approche globale qui permet au débordement de conserver sa justesse dans le temps, tout en s’intégrant naturellement à l’architecture du lieu.
Pour conclure
Le traitement du bord reste souvent discret, mais il influence profondément la perception d’un débordement.
Qu’il soit affirmé, allégé ou effacé, il participe toujours à l’équilibre entre le bassin, la terrasse et le paysage.
C’est dans ces détails, presque invisibles, que se joue la justesse d’une piscine à débordement.
